Note sur les instruments

 

Les membranophones

Dhimay

Rattaché à la grande famille des tambours dhol répandus dans tout le nord de l'Inde, le tambour dhimay est présenté comme le plus ancien des instruments néwar et jouit à ce titre d’un prestige sans égal. Véritable emblème identitaire, il est considéré comme une création autochtone. Il aurait été présent dans la vallée du Népal dès l'ère Licchavi (Ve siècle). Il se manifeste essentiellement dans les processions qui constituent une forme particulièrement importante de la vie religieuse publique des Néwars. Considéré comme l'une des formes du dieu de la musique, il est l'instrument rituel par excellence.

Dhah

Proche du tambour dhimay mais d’une taille inférieure, le tambour cylindrique dhah possède une pâte d’accord sur la peau de gauche (mankah). Principalement joué pendant le mois bouddhiste de Gunla (juillet-aout), le dhah apparaît également dans de nombreux festivals religieux. En formation, il est accompagné par les cymbales bhusyah, tah, les hautbois mohali, les flutes bansuri, parfois même par le jeu des trompettes naturelles pongah.

Paschima

Selon la tradition orale, le tambour paschima, équivalent néwar du mridangam indien aurait été créé par le dieu Krishna. Instrument à deux peaux, il possède une pastille d’accord sur la peau de droite, appelée nasah, tandis qu’un aplat de farine est disposé sur celle de gauche (mankah) avant chaque utilisation. Le tambour paschima est invariablement accompagné par les cimbales baboucha et tah, parfois par les hautbois mohali ou par différentes sortes de flûtes.

Nay khin

Ce tambour cylindrique, apanage de la caste des bouchers Nay, est néanmoins utilisé par de nombreux autres groupes sociaux néwar. Parfois nommé dyoh khinkhin divin”, il est plus particulièrement associé aux processions funéraires, prennant alors le titre si baja “musique funéraire”. Bien que de taille plus réduite, il est organologiquement proche du tambour dah. En formation, le Nay khin est accompagné par les cymbales chhusyah.

Dapha khin

Le dapha khin est un tambour à deux peaux. Proche du pakawaj indien, il est connu sous les différentes appellations de yakah khin, joh khin, lala khin, ou deshi khin.  L’instrument possède des pastilles d’accord sur les deux peaux. Le dapha khin est principalement utilisé dans l’accompagnement des chants dévotionnels (dapha bhajan). Lorsqu’il est joué en solo, il prend l’appelation de yakah khin, en duo, celle de jor khin. Le dapha khin is accompagné par les cymbales tah et babucha.

Kwotah khin

Le tambour kwotah khin est une combinaison du dapha khin et du nay khin. Il est largement représenté dans la sculpture des temples, témoignant de sa haute antiquité dans la vallée. Le kwotah khin tient une place éminente dans l’accompagnement des rites du bouddhisme tantrique néwar. Il est souvent accompagné par le jeu des trompettes naturelles pongah et des cymbales tah.

Nagara

Déjà décrite dans les textes anciens indiens sous les différentes appelations de dundubhi, dundhu ou bheri, la timbale nagara est un instrument omniprésent des cultures himalayennes.  Originaire du moyen orient, elle est souvent joué par paires, elle est alors connue sous le nom de jor nagara.  Chez les Néwar, la timbale nagara s’intègre notamment au sein de l’ensemble naumati baja, ainsi que, comme ici, dans l’accompagnement de la danse de Mahakali.

Dab  dab

Mieux connu sous le nom de damaru, le daba dab néwar est un petit tambour-sablier à boules fouettantes.  Instrument emblématique du dieu Shiva, il est particulièrement utilisé lors de la grande fête de Dasain. Il est également utilisé dans les danses initiatiques chacha pyakham, notamment pour l’accompagnement des divinités terribles comme Vajrapani.

 

Les aérophones

 

Mohali

Le hautbois mohali est l’instrument principal de la caste des tailleurs-musiciens Jugi (Kusle), seul groupe de musiciens professionnels chez les Néwar. Généralement joués par paire, les hautbois mohali accompagnent notamment les tambours dhah, dapha khin, paschima et nagara.

 

Les idiophones

 

Tah

Le vocable 'tah' provient de tala “mesure”, terme derivé de 'tandava' and 'lasya', deux termes mis en relation avec le mouvement. Régulateur du temps musical, les cymbales tah sont considerées comme l’instrument de musique fondateur de la pratique musicale néwar. Sa fabrication utilise huit métaux différents. Elle accompagnent en particulier le jeu des tambours dhah, dapha khin, paschima, koncha khin et nay khin.

Baboucha

Les cymbales baboucha, comparables aux tah, mais de tailles supérieures sont, comme elles, fabriquées à partir de huit métaux différents. Elles servent à accompagner le jeu des tambours dapha khin, pachima, koncha khin et dholak.

Chhusyah

Les cymbales shhusyah semblables aux baboucha, mais de tailles supérieures, sont utilisées dans l’accompagnement des tambours  nay khin et des timbales nagara.

 

Les cordophones

Esraj

Instrument hybride originaire de l’Inde, l’esraj combine les caractéristiques organologiques du sarinda et du sitar.  Sa sonorité délicate l’assimile au sarangi hindoustani.  Sa technique d’accordage  est similaire a celle du sitar.  Peu joué au Népal, l’esraj est en revanche  très populaire en Inde, notamment au Bengale. Outre ses quatre cordes de jeu, l‘esraj possède une quinzaine de cordes sympathiques. La table de l’instrument est constituée d’une peau de chèvre. Instrument favori du poète Tagore qui l’employait dans l’accompagnement de ses chants, il se substitue aujourd’hui au piwancha, un cordophone disparu de l’instrumentarium néwar depuis une centaine d’années et jadis joué par la caste des paysans néwar. 

 

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